Réduction des inégalités hommes/femmes
17-12-2009

Le courage d’une pionnière

ImageMadame Yonli Larba, Conseillère municipale, commune de Tambaga, Présidente du Groupement féminin Taamba, mère de 5 enfants, 43 ans

« Tout a commencé lorsque de retour d’une formation organisée par l’Association Tin Tua à Partiaga, en 1996, j’ai mobilisé des femmes de mon village pour créer le groupement féminin Naambari. Nous avons débuté avec la vente de céréales qui ne donnait pas beaucoup de bénéfices. Puis un jour, je suis allée voir une femme qui avait une expérience dans la saponification qui a bien voulu former les membres de notre groupement. Nous avons par la suite avec Tin Tua, bénéficié de renforcement de capacité dans la fabrication du savon et de matières premières pour notre activité de saponification ».
Cette expérience a essaimé dans le village et d’autres femmes se sont aussi organisées en groupement.

A la recherche d’opportunités

En tant que première responsable de son groupement, mme Yonli Larba était à l’affût de toute opportunité pouvant permettre à son organisation d’avoir des appuis. Ainsi, elle n’hésitait pas à faire 20 kilomètres à vélo pour répondre aux invitations et participer aux différentes rencontres à Diapaga. Elle poursuit son récit.

« Un jour je me suis déplacée à Diapaga, pensant répondre à une invitation de Tin Tua. Il s’agissait en faite d’une formation qu’organisait le Programme ADELE. Cette formation portait sur le plaidoyer et le leadership. Après avoir constaté mon erreur, les agents du programme ADELE m‘ont invitée à rester pour la formation, ce que j’ai accepté. Après cette formation, je suis restée en contact avec le programme, ce qui a permis à notre groupement de bénéficier de plusieurs formations ».

Toujours aller de l’avant

Mme Yonli Larba avait constaté que lors des votes, les femmes ne sortaient pas dans mon village. « Comme j’étais reconnue en tant que leader dans ma localité, je me suis dite que si je me présentais, les femmes me soutiendraient. C’est ce qui s’est effectivement passé ».

Elle poursuit. « Il y a avait deux parties en compétition dans le village. Cependant, la notoriété dont je jouissais dans la localité, mon dynamisme et mes capacités de mobilisation des femmes ont conduit mon adversaire à renoncer à la compétition, ce qui m’a permis de franchir l’étape des primaires.

Elle avait aussi constaté que lors des campagnes, le partage des gadgets profitait surtout aux hommes. Avec la présence des femmes candidates, il fallait qu’elles aient aussi leur part. « Je me suis donc arrangée pour faire partie du comité de partage des gadgets si bien que les femmes n’ont plus été oubliées ».

Appréciant son parcours politique, elle déclare. « Il n’est pas courant de voir des femmes évoluer dans le milieu politique dans un village reculé comme le mien. J’ai dû faire face à beaucoup d’adversités. J’ai été victime de calomnies visant à faire douter mon mari de ma fidélité. Heureusement, mon époux, délégué de village comprend bien ce genre de rumeurs en période électorale qui ont pour but de saper le moral de l’adversaire. Il ne s’est donc pas opposé à ce que je poursuive ma campagne jusqu’aux élections ».
 

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